Réponse d'un animateur à Sud Isère

 

LETTRE *  D’UN ANIMATEUR AU SYNDICAT SUD ISÈRE (RÉPONSE AU TRACT)

 

Vous êtes un syndicat, votre rôle est de défendre les intérêts des salariés, d’assurer la communication, de développer le dialogue social et de garantir la parité dans l’entreprise ?

Est-ce à ce titre, et sans m’avoir consulté, que vous parlez de « la grande arnaque du CEE » ?

 

Si j’ai bien compris (je reprends ici vos propos) :

- Vous parlez de l’animateur comme d’un « salarié » ?

- Vous le considérez comme de la « main d’œuvre bon marché et corvéable à merci » ?

- Vous pensez qu’il exécute des « travaux d'encadrement des jeunes et des enfants » ?

- Vous être convaincu qu’il travaille « 24h sur 24, de jour comme de nuit » ?

- Vous dénoncez sa « rémunération très faible et l'absence d'un temps de repos quotidien » ?

- Vous voudriez qu’il puisse dormir cet été ???

 

Mais de qui parlez-vous ?

Qui est cet animateur caricatural qui apparait comme un salarié exploité et victimisé ?

Ce portrait est à la fois grossier et réducteur, à la limite offensant !

NON, assurément, cet animateur ne me ressemble pas !

 

Vous « pensez que », vous « dénoncez », vous « refusez », vous « exigez »…

Mais connaissez-vous la réalité du monde des colos ?

Pendant 3 à 4 semaines par an (en moyenne), j’endosse le rôle d’animateur.  

C’est-à-dire que, de mon plein grès, je décide d’encadrer des jeunes sur mon temps libre.

Oui, j’adhère et je défends le projet pédagogique auquel je participe !

… mais je dois avouer que je le fais aussi pour moi : pour vivre une aventure humaine enrichissante qui me permet à la fois de faire un « break » et de bénéficier de cette énergie positive propre à la colo !

 

Alors, pendant le séjour, oui je vis avec et au rythme des jeunes. Nous échangeons, nous découvrons des activités, des lieux, des gens…

Nous vivons ensemble, le temps d’une colo, et toute la richesse est là !

Et même si je suis responsable d’eux jour et nuit,  cela ne m’a jamais empêché de dormir…

Sachez aussi que quand je choisi un séjour avec un organisme, je veille, avant d’accepter,  aux conditions d’encadrement.  Et en équipe, sur place, on arrive toujours à s’organiser et à se relayer  si besoin ! Quand quelque chose ne va pas, on le dit et on fait tout pour l’améliorer !

 

Evidemment, on sait que, dans tout projet humain,  le risque « O » n’existe pas. Mais, si je me réfère aux chiffres nationaux, c’est en colo que l’enfant est le plus en sécurité, et bien plus que dans son environnement familial.

De même, au retour des séjours, le taux de satisfaction tant pour les parents que les jeunes est très bon.

Cela veut dire que globalement, çà marche pas mal, non ?

 

Quand vous avez été reçu par la commission Nutte (qui avait comme objectif de trouver une solution suite à la décision du conseil d’Etat), vous avez dit  que :

« Une réflexion sur l’animation s’impose car les « colonies » ont changé et il s’agit de plus en plus maintenant de faire par exemple le tour des parcs d’attraction en faisant dormir les «animateurs/trices » dans le bus 4 à 5 heures par jour »

 

Non sincèrement, vous ne connaissez ni  mon engagement ni ce que je vis avec les enfants qui me sont confiés !  Faut il vous rappeler que je ne suis ni un « guide touristique », ni un veilleur de nuit !

Savez vous qu’en colo, un jeune peut vivre à la ferme, partir à l’étranger, voire même se rendre utile lors d’un  séjour solidaire. Il découvre des activités sportives, artistiques, musicales et surtout,  il joue, il apprend à vivre en collectivité !

A vous lire, je me sens presque méprisé. Vous pensez vraiment que mes motivations se limiteraient uniquement à accompagner des enfants chez « Mickey ou Obélix »?! J’ai évidemment d’autres ambitions !  !

 

Peut être avez-vous vu, au détour d’une brochure,  un séjour tel que vous le présentez.

Faut-il en faire une généralité ? !  En tant que syndicat, vous avez la chance d’être reçu par des ministères. Je pensais  donc que votre réflexion était rigoureuse et étudiée !

 

Voilà, je ne veux pas tomber dans l’autosatisfaction.  Il y a sûrement, comme dans tout secteur d’activités, des choses à améliorer.

Mais, non vraiment, je ne veux pas de ces 11 h dit de "repos" et si vous pensiez agir pour mon bien, l’analyse que vous avez des colos ne m’encourage pas à vous suivre. Je n’ai vraiment pas le sentiment que vous défendez mes intérêts.

Le monde des colos est un monde à part. Et vous l’aurez compris, mon indemnisation en tant qu’animateur  n’est pas  le nerf de la guerre ! A mon sens, il n’y a d’ailleurs pas de guerre… alors pour qui vous battez-vous ?

 

 

* Ceci est une lettre fictive. Toute ressemblance avec des faits réel ne serait pas fortuite !