Typologie de l'animateur

 

Typologie de l'animateur.

 

La 1ère réaction d’une très grande majorité des animateurs, quand ils ont appris qu’ils auraient 11h de repos,  a été de dire « mais c’est n’importe quoi, on n’en veut pas ! ».

Ce n’est pas un HASARD !

Et cela démontre que le débat sur les 11h ne se limite pas à un rapport entre employeurs (les organismes-les méchants exploiteurs ! ) et employés (les anims- les exploités) mais bien aussi entre employés, et tous ceux qui veulent sauver les colos.
Oui, AEC rassemble bien des animateurs (donc des employés), n’en déplaise à ceux qui voudraient restreindre le débat.

 

Aussi il nous a semblé utile de rappeler ce qu’est un animateur (en terme de statut, non de compétence).

Evidemment, le lecteur averti saura éviter toute interprétation caricaturale propre à une typologie.

 

Type 1 : Il y a l’animateur qui fait des colos pour vivre avant tout une aventure humaine. Lui même a été colon quant il était enfant. Il adhère et applique un projet pédagogique basé sur le « vivre avec » car pour lui, la colo est un lieu de vie (qui se limite aux vacances scolaires uniquement), voire même une micro société (mais pas en dehors des lois !). Si on devait lui accorder 11h de repos par jour, il aurait le sentiment d’être exclu de ce qui se vit au sein même du groupe. Bref, il est important pour lui de vivre au rythme des jeunes, 24h sur 24. Il sait que ce n’est pas un métier. D’ailleurs, il en a déjà un ou se forme pour en avoir un.

Sa rémunération se limite à une indemnité et cela ne lui pose pas de problème. Il ne fait pas cela pour l’argent puisqu’il a déjà dans sa vie professionnelle un salaire régulier. Ses motivations sont donc bien purement pédagogiques. D’ailleurs, s’il n’a pas pu obtenir le type de colo qu’il voulait encadrer, eh bien, ce n’est pas grave, il fera autre chose durant ses congés.

 

Type 2 : Il a les mêmes motivations que le type 1. Lui aussi ne réclame pas 11h de repos par jour. En revanche, il n’a pas encore de CDI en parallèle et accepterait d’être mieux payé pour ce « job d’été ».

Par la suite, soit il passe dans la catégorie « type 1 » soit il arrête les colos (rappel : durée de vie d’un BAFA une fois diplômé = 3 séjours !). Pour lui l’animation aura été très formatrice (travail d’équipe, école des parents, s’initier aux responsabilités, découvrir des activités…). Il est content de le mentionner dans son futur CV.

 

Type 3 : C’est  l’animateur qui se dit (ou se prétend) « pro » car il est animateur depuis longtemps. Ces personnes là ne sont pas majoritaires (et ce n'est pas une opinion mais un constat) !

Il apprécie les vacations car il n’a pas envie de s’engager comme un salarié permanent ou malheureusement n’arrive pas à sortir du chômage. De fait, il additionne (volontairement ou pas)  des petits boulots. Cet animateur n’est pas évident à gérer car ses revendications, qu’il considère comme étant légitimes de part ses difficultés socio économiques n’ont rien à voir avec l’âme et le fonctionnement même des centres de vacances, ce qui engendre parfois avec lui un dialogue de sourd. Il importe de lui rappeler que le CEE est limité à 80 jours et ce durant les vacances scolaires et qu’au-delà, c’est un autre type de contrat. A lui de le signaler s’il a plusieurs employeurs!

 

On ne parlera pas ici du Type 4, c'est-à-dire de « l’erreur de casting » (c’est l’animateur qui se rend compte que les colos ne l’intéressent pas !).